Cet article est écrit à 4 mains avec A-E. Il est donc tout autant sa propriété que la mienne. Car elle le dit si bien,"cette collaboration ouvre de nouveaux horizons au monde" ;)
Aujourd'hui soyons cruels et tapons allégrement sur l'une des choses les plus inutiles que l'Internet mondial ait créé (mis à part les bots). Parlons de la blogo mode.
(je vois déjà le duvet de vos avant-bras se dresser de terreur) (parce qu’une vraie blogueuse mode, ELLE, aurait les avant-bras épilés, photos obligent) (ou pas).
La SPA s'est plainte de ma consommation trop elevée de chatons et de faons innocents, il fallait bien varier et partir pêcher un peu (personnellement je préfère le caviar à la petite cuillère mais si vous aimez la morue c'est votre choix)(non nous ne militons pas pour le retour d'Evelyne Thomas sur nos écrans). (note d’A-E : comme dirait mon père, les thons se déplacent toujours en bans :p)
Ce billet sera donc viscéralement méchant, vous êtes prévenus.
Soyons honnête, par « blog mode » j'entends les sites uniquement consacrés à "ça". S'il t'arrive lecteur/lectrice une fois l'an de poster un article sur ton vernis OPI ou sur une superbe paire de bottes, je te pardonne. Mais venons-en à l'essentiel.
La blogueuse mode, celle qui rêve de siéger un jour aux cotés d'Anna Wintour lors d'un défilé, vit dans un monde merveilleux rempli de cupcakes, de macarons et abhorre le chocolat (qui est quand même moins vicieux que les deux aliments sus-cités) (mais le chocolat n’est plus in depuis 2007, sauf que la mode étant un cycle éternel peut-être qu’en 2029 vous serez considéré comme un précurseur si vous continuez à en manger, qui sait ?)
La blogueuse mode aime aussi beaucoup parler anglais, Non je ne parle pas de la traduction google de chaque billet visant à rendre son blog international. Non! D'ailleurs la BM te dira que c'est du "homemade" et là tu te demanderas ce qui est pire. Ou elle te dira que c’est ‘Marant-like’, et quand tu chercheras à savoir ce qui est marrant like une blogueuse mode (oui oui, on dit marrant as a blogueuse mode, mais c’est pour le jeu de mots tu comprends), tu passeras à côté d’Isabel Marant, grande créatrice aux pièces in-dis-pen-sables chaque saison.
Le problème étant le suivant il n'y a certainement pas de signe plus flagrant de "je me la pète" que de parler anglais quand tout le monde parle français. Parce que bien sûr le "french" c'est "so 2008" Et puis c'est toujours plus simple de placer des idiomatiques et faire genre"I'm fluent" que d'apprendre vraiment l'anglais
(oui j'écris fluent et pas influent ce n'est pas une erreur)
Ca vaut aussi pour les commentaires de leurs fidèles (je ne compare pas avec une secte! Qui a dit ça? J'ai trop d'admiration pour le pouvoir de persuasion des gourous) (encore qu’il faudrait se pencher sur les statistiques de certaines marques jamais rencontrées hors de la blogo et vendues sur des sites Internet à un SMIC de frais de port).
Cela dit, nous parlons d'expressions mais un jour je ferais ma pouf moi aussi et j'écrirais un billet avec le suffixe -han partout. Juste pour donner une intensité dramatique à mon prochain achat de bottes (quoi la situation en Lybie ? OK, mon monde s’est écroulé avec la suspension de John Galliano, m’enfin il est pas lybien non plus, donc tant qu’on peut assister aux défilés, ma foi …)
Blogueuse mode si tu lis ce billet je t'invite à chercher le mot "suffixe" sur wikipédia.
La blogueuse mode vit dans un monde parallèle où les paysages sont soit pastels soit saturés. Parfois elle tente le style "photo vieillie" artificiellement en se prenant ostensiblement pour une héroine austenienne (Colin Firth et le talent en moins).
On vous a pourtant dit que l'abus de drogues était mauvais pour la santé mentale.
Parce que le monde parfait de la BM, plein de macarons et de cupcakes (oui je radote) c'est un peu comme celui de la jeune lycéenne en fleur qui débarque en fac. Où comment passer d'un monde tranquille au monde des grands, où les fleurs sont écrasés et où il faut prendre ses responsabilités. Quelle horreur. Alors la BM se réfugie dans son petit univers rose, mauve, parfois parme (oui il existe une différence, c'est comme entre le orange et le corail et aussi le tangerine, on a chassé Ben Ali pour moins que ça) et c'est là que BAM! elle te raconte sa vie trépidante sur son blog
Mais nous n’avons pas abordé un point crucial qui, j’en suis sûre, te fascine : comment la BM finance-t-elle sa garde-robe ? Plusieurs solutions : la BM a un mec/homme/Prince (ne rayer aucune mention) qui l’entretien et lui paye à peu près ce qu’elle veut pour avoir la paix (et au moins elle sera bien fringuée quand les huissiers débarqueront), ce qu’elle ne manque pas de mentionner avec des petits cœurs partout ; ou la BM a un job payé de manière inversement proportionnelle à son niveau de français et d’orthographe ; ou encore, elle … non, rien.
Oui comme son nom l'indique, la blogueuse mode a un blog, où tu trouveras surtout des photos d'elle avec la liste exhaustive des fringues qu'elle porte sur chacune des photos (accessoires compris)
Une question cependant me questionne (oui j'ai conscience de l'absurdité de cette tournure de phrase mais j'ai une excuse je suis blonde) Faut-il être jolie pour être blogueuse mode? Si j'écoute mon coté humain et naif je dirais "oui bien sur, elle est censé mettre en valeur la tenue, si tu mets un trench superbe sur un thon, ça va pas le faire"
Mais la réalité est beaucoup plus cruelle avec nos pauvres yeux (remarque que pour une fois c'est la réalité qui est cruelle pas moi) et je ne parle pas des tenues "mises en valeur" (malgré les avants-bras épilés susmentionnés). Mais c’est beau, autant de filles décomplexées qui s’assument aussi bien une fois retouchées.
Je ne parle pas des billets sponsorisés, ce serait trop facile... Et puis si, quand même soyons horrible jusqu'au bout. Parfois la modasse, se lance dans un billet avec plus de 100 mots. Mais attention, point trop n'en faut pour son petit cerveau vide et futile. Alors la BM se fait rémunérer ses posts, non pardon pas rémunérer, spon-so-ri-ser. C'est différent. Bref, elle se fait acheter, comme une vulgaire... non j'ai rien dit. Parfois aussi histoire de faire grimper son compteur de commentaires elle lance des concours où son chat de marque, prêté pour la saison par une grande maison, tirera au sort, photos à l'appui.
Allez après ce torrent de mauvais esprit, je vais faire un geste généreux, si tu me lis blogueuse mode.
Je vais mettre la définition des mots compliqués en fin de billet. Ou pas, d'ailleurs, tu n'as qu'à vendre ton trench et acheter un dictionnaire
PS : (Ce billet milite pour la sauvegarde des parenthèses)
lundi 28 février 2011
dimanche 27 février 2011
L'enfer c'est aussi soi-même
J'écris de manière un peu éparse ces dernières semaines. C'est certainement un reflet anecdotique mais réaliste de ma vie.
Mais n'ayez crainte vous qui lisez ce billet, je n'ai pas du tout l'intention de vous raconter mes malheurs. En plus je n'ai pas de malheurs.
Sinon je crois que lorsqu'il a écrit "l'enfer c'est les autres", Sartre devait se prendre le chou dans une colloc qui partait à vau-l'eau. Et qu'est ce que je le comprend.
Alors je prends la décision de séparer ce que j'écris ici et mes reflexions nocturnes, plus personnelles, moins étalées. Plus littéraires, plus visuelles aussi, ça me servira probablement de galerie photo.
Je crois que c'est mieux :)
Alors vous pouvez toujours rester lire ce que j'écris ici ou partir là-bas ou faire les deux à la fois, je n'ai rien contre.
Moi je rentre à Paris, j'y ai tant à faire.
Mais n'ayez crainte vous qui lisez ce billet, je n'ai pas du tout l'intention de vous raconter mes malheurs. En plus je n'ai pas de malheurs.
Sinon je crois que lorsqu'il a écrit "l'enfer c'est les autres", Sartre devait se prendre le chou dans une colloc qui partait à vau-l'eau. Et qu'est ce que je le comprend.
Alors je prends la décision de séparer ce que j'écris ici et mes reflexions nocturnes, plus personnelles, moins étalées. Plus littéraires, plus visuelles aussi, ça me servira probablement de galerie photo.
Je crois que c'est mieux :)
Alors vous pouvez toujours rester lire ce que j'écris ici ou partir là-bas ou faire les deux à la fois, je n'ai rien contre.
Moi je rentre à Paris, j'y ai tant à faire.
Culture & Confiture du dimanche n*6
"The poets have been mysteriously silent on the subject of cheese."
- G.K. Chesterton
Citation légère aujourd'hui, parce qu'en ces temps troublés nous en avons besoin.
- G.K. Chesterton
Citation légère aujourd'hui, parce qu'en ces temps troublés nous en avons besoin.
Et surtout aujourd'hui je prépare ma valise pour mon retour à Paris.
En conséquence, j'ai autre chose à faire que de blablater là-dessus.
Le pire, c'est qu'on pourrait sûrement en tirer quelque chose de valable; après tout, Baudelaire a bien parlé des ordures...
(Et pour votre culture personnelle, sachez que Chesterton a été surnommé "le prince du paradoxe". Dixi.)
(Et pour votre culture personnelle, sachez que Chesterton a été surnommé "le prince du paradoxe". Dixi.)
samedi 26 février 2011
"Ils ne doivent pas fermer les yeux"
j'aurais pu vous parler de Vassili, un ami qui en 2005 à son retour de voyage comparait la Tunisie et le Belarus avec cette phrase qui m'a marqué
"les mêmes personnes, même président, le même niveau de vie, comme un simulacre d'élections et la même indifférence à tout."
J'aurais du vous parler des "révolutions arabes" mais cette tendance à tout mettre dans un même panier me rappelle l'époque où l'on appelait "Serbes" slovaques, ukrainiens et georgiens.
J'aurais voulu vous parler de cette théorie de comparaison entre les états post-soviétiques et les révoltes actuelles parce que structurellement, "l'insurrection arabe" est un cas classique de "contagion révolutionnaire" alors même que la science politique mondiale considérait presque unanimement que le monde arabe était "inapte à la démocratie". Car c'est une chose de renverser un régime autoritaire, s'en est une autre de construire une démocratie L'Iran de 1978 en est un parfait exemple.
Cependant, cet effet de «contagion» donné il ya trois mois comme absolument impossible, se met soudain à être réel. Oui je pourrais vous parler de la théorie de la "contamination" pendant des heures mais...
Je vais juste vous traduire la fin d'un appel écrit suite aux exactions commises après les élections au Belarus le 19 décembre. Simplement parce qu'au delà de sa vocation initiale, sa validité perdure tant qu'il existe des dictatures.
"Si l'Europe et le monde ne veut pas une répétition dans les crimes staliniens et post-nazie, ils doivent adopter une position ferme contre le régime politique actuel. Ensemble, nous ne devons pas laisser le peuple subir la violence dictatoriale.
Nous vivons tous sur une seule planète. Et si les droits de l'homme sont violés si les adversaires politiques subissent la répression et la violence, alors les pays voisins ne peuvent pas et ne doivent pas fermer les yeux.
Car ils sont sans pitié avec tous ceux qui peuvent les atteindre Chacun de leurs actes, se réfèrent à ce qu'il y a de plus bas chez l'homme. Ils sont la pire chose à qui l'humanité ait donné naissance."
"les mêmes personnes, même président, le même niveau de vie, comme un simulacre d'élections et la même indifférence à tout."
J'aurais du vous parler des "révolutions arabes" mais cette tendance à tout mettre dans un même panier me rappelle l'époque où l'on appelait "Serbes" slovaques, ukrainiens et georgiens.
J'aurais voulu vous parler de cette théorie de comparaison entre les états post-soviétiques et les révoltes actuelles parce que structurellement, "l'insurrection arabe" est un cas classique de "contagion révolutionnaire" alors même que la science politique mondiale considérait presque unanimement que le monde arabe était "inapte à la démocratie". Car c'est une chose de renverser un régime autoritaire, s'en est une autre de construire une démocratie L'Iran de 1978 en est un parfait exemple.
Cependant, cet effet de «contagion» donné il ya trois mois comme absolument impossible, se met soudain à être réel. Oui je pourrais vous parler de la théorie de la "contamination" pendant des heures mais...
Je vais juste vous traduire la fin d'un appel écrit suite aux exactions commises après les élections au Belarus le 19 décembre. Simplement parce qu'au delà de sa vocation initiale, sa validité perdure tant qu'il existe des dictatures.
"Si l'Europe et le monde ne veut pas une répétition dans les crimes staliniens et post-nazie, ils doivent adopter une position ferme contre le régime politique actuel. Ensemble, nous ne devons pas laisser le peuple subir la violence dictatoriale.
Nous vivons tous sur une seule planète. Et si les droits de l'homme sont violés si les adversaires politiques subissent la répression et la violence, alors les pays voisins ne peuvent pas et ne doivent pas fermer les yeux.
Car ils sont sans pitié avec tous ceux qui peuvent les atteindre Chacun de leurs actes, se réfèrent à ce qu'il y a de plus bas chez l'homme. Ils sont la pire chose à qui l'humanité ait donné naissance."
jeudi 24 février 2011
il était brun il était beau, il sentait bon le sable chaud
mais il lui manquait un cerveau...
Ce billet est un peu la chronique du naufrage annoncé de ma vie sentimentale.
J'vais pas tout vous raconter. On ne parle pas de ce genre de choses içi, mais mon dernier rencard a atteint un tel niveau lolesque que je ne pouvais pas faire l'impasse.
Parce qu'il était beau et sexy le brancardier. Alors je l'ai travaillé à coup d'ironie et de phrases qui font mouche jusqu'à ce qu'il me file son numéro et un rdv. L'objectif assumé était de me faire oublier mon affection pour Mr S
C'est donc toute pimpante, mes boucles blondes tombant en cascade sur mon pull à col roulé noir (on sous-estime le potentiel des pulls à col roulé, surtout en Catalogne) que je suis allée le voir.
Il faisait beau, chaud et il m'attendait en terrasse.
Il a pris une vodka orange et moi un thé à la menthe
(tu entends les petits oiseaux gazouiller là derrière)
Et puis mon cauchemar a commencé.
20 longues, très longues minutes à l'écouter parler de sa passion pour le rugby et de son si fabuleux boulot (quelle folle vie que celle de brancardier)
Impossible d'en placer une.
Parce que j'aime bien le rugby à petite dose certes mais là...
Le serveur m'a lancé un regard empreint de compassion en passant derrière lui et moi je soupirais, hypnotisée par la couleur de mon thé.
J'ai failli m'endormir quelque part entre l'apologie des résultats du l'USAP et le dénigrement du BO... (non il ne faut pas dénigrer les basques sinon je me fache)
Et là nous sommes 20mn plus tard, la question qui tue "Mais autrement, ça t'intéresse la politique?"
Oh joie dans ce marasme de banalités!
Une question sur moi, et qui plus est une question intéressante.
Je crois que j'ai relevé la tête un peu vite, les yeux brillants.
Comment faire comprendre à quelqu'un qui ne vous connait pas que généralement, vous dormez, rêvez, vivez et mangez politique.
Surtout ne pas lui faire peur.
J'ai murmuré (oui je murmure à l'oreille des hommes) quelque chose comme "A l'occasion ça m'arrive"
J'aurais mieux fait de me taire, mieux de rester chez moi.
J'ai eu droit à un couplet lénifiant à base de "ben tu vois les femmes et la politique, c'est pas trop compatible, ces femmes là, elles se prennent pour des mecs"
Sinon il m'a dit avoir voté Sarkozy en 2007 et il songe à prendre sa carte à l'UMP.
Autrement, l'actualité, ça ne l'interesse pas, lui ce qu'il aime c'est le sport (et uniquement les sports d'équipe) les férias, les soirées entre potes et l'electro.
Le must, la partie sur son arbre généalogique. Parce que lui, fils d'ouvrier, et bien il est brancardier, tu vois, lui il aide les gens, il sert à quelque chose, il s'est battu pour sortir de son milieu social. Si le coup j'ai du hésiter entre éclater de rire et avoir pitié.
Une caricature du jeune catalan pseudo branchouille qui passe ses w-e en boite à la frontière espagnole et qui une fois par mois va payer une passe à La Jonquères.
Rideau. J'ai débranché, et suis passée en mode automatique.
J'ai hoché la tête comme une dinde oui, pas le courage de me battre politiquement avec un inconnu.
J'ai juste glissée que j'avais été bénévole pour la CIMADE, il a mis un moment à comprendre. Il a eu l'air choqué. Si je lui avait déroulé mon parcours militant, c'était la crise cardiaque assurée, j'aurais peut-être dû.
J'ai payé mon thé et je suis partie.
Alors après cette "expérience" plus jamais je ne rencarderais un mec simplement parce qu'il est à croquer/beau/sexy ou dans ce cas les trois à la fois.
Pourquoi je ne choisis que des cons?
Je voulais un mec avec de l'esprit, de la repartie, des choses intelligentes à me dire. C'est pas encore pour cette fois
Mais je me pose une question, à l'heure des nouvelles technologies, où tu discutes et fais la connaissance de gens sans même les voir, est ce que l'amour simplement intellectuel ça existe vaiment? Ou alors c'est une simple vue de l'esprit?
Ce billet est un peu la chronique du naufrage annoncé de ma vie sentimentale.
J'vais pas tout vous raconter. On ne parle pas de ce genre de choses içi, mais mon dernier rencard a atteint un tel niveau lolesque que je ne pouvais pas faire l'impasse.
Parce qu'il était beau et sexy le brancardier. Alors je l'ai travaillé à coup d'ironie et de phrases qui font mouche jusqu'à ce qu'il me file son numéro et un rdv. L'objectif assumé était de me faire oublier mon affection pour Mr S
C'est donc toute pimpante, mes boucles blondes tombant en cascade sur mon pull à col roulé noir (on sous-estime le potentiel des pulls à col roulé, surtout en Catalogne) que je suis allée le voir.
Il faisait beau, chaud et il m'attendait en terrasse.
Il a pris une vodka orange et moi un thé à la menthe
(tu entends les petits oiseaux gazouiller là derrière)
Et puis mon cauchemar a commencé.
20 longues, très longues minutes à l'écouter parler de sa passion pour le rugby et de son si fabuleux boulot (quelle folle vie que celle de brancardier)
Impossible d'en placer une.
Parce que j'aime bien le rugby à petite dose certes mais là...
Le serveur m'a lancé un regard empreint de compassion en passant derrière lui et moi je soupirais, hypnotisée par la couleur de mon thé.
J'ai failli m'endormir quelque part entre l'apologie des résultats du l'USAP et le dénigrement du BO... (non il ne faut pas dénigrer les basques sinon je me fache)
Et là nous sommes 20mn plus tard, la question qui tue "Mais autrement, ça t'intéresse la politique?"
Oh joie dans ce marasme de banalités!
Une question sur moi, et qui plus est une question intéressante.
Je crois que j'ai relevé la tête un peu vite, les yeux brillants.
Comment faire comprendre à quelqu'un qui ne vous connait pas que généralement, vous dormez, rêvez, vivez et mangez politique.
Surtout ne pas lui faire peur.
J'ai murmuré (oui je murmure à l'oreille des hommes) quelque chose comme "A l'occasion ça m'arrive"
J'aurais mieux fait de me taire, mieux de rester chez moi.
J'ai eu droit à un couplet lénifiant à base de "ben tu vois les femmes et la politique, c'est pas trop compatible, ces femmes là, elles se prennent pour des mecs"
Sinon il m'a dit avoir voté Sarkozy en 2007 et il songe à prendre sa carte à l'UMP.
Autrement, l'actualité, ça ne l'interesse pas, lui ce qu'il aime c'est le sport (et uniquement les sports d'équipe) les férias, les soirées entre potes et l'electro.
Le must, la partie sur son arbre généalogique. Parce que lui, fils d'ouvrier, et bien il est brancardier, tu vois, lui il aide les gens, il sert à quelque chose, il s'est battu pour sortir de son milieu social. Si le coup j'ai du hésiter entre éclater de rire et avoir pitié.
Une caricature du jeune catalan pseudo branchouille qui passe ses w-e en boite à la frontière espagnole et qui une fois par mois va payer une passe à La Jonquères.
Rideau. J'ai débranché, et suis passée en mode automatique.
J'ai hoché la tête comme une dinde oui, pas le courage de me battre politiquement avec un inconnu.
J'ai juste glissée que j'avais été bénévole pour la CIMADE, il a mis un moment à comprendre. Il a eu l'air choqué. Si je lui avait déroulé mon parcours militant, c'était la crise cardiaque assurée, j'aurais peut-être dû.
J'ai payé mon thé et je suis partie.
Alors après cette "expérience" plus jamais je ne rencarderais un mec simplement parce qu'il est à croquer/beau/sexy ou dans ce cas les trois à la fois.
Pourquoi je ne choisis que des cons?
Je voulais un mec avec de l'esprit, de la repartie, des choses intelligentes à me dire. C'est pas encore pour cette fois
Mais je me pose une question, à l'heure des nouvelles technologies, où tu discutes et fais la connaissance de gens sans même les voir, est ce que l'amour simplement intellectuel ça existe vaiment? Ou alors c'est une simple vue de l'esprit?
lundi 21 février 2011
J'ai honte pour l'Humanité
J'ai fini la nuit assise, en tailleur sur le canapé, les yeux rivés sur l'écran de télé, incapable de me détacher des images qui tournent des boucles. 10, 20 fois peut-être plus à écouter ces témoignages, finir par les connaitre par coeur. Changer de chaine, tomber sur des images encore plus folles, encore plus atroces.
Pourtant j'étais à l'abri, moi, dans mon salon, sur mon canapé, dans ma petite vie tranquille.
Dans ma petite vie tranquille justement, où j'aime me plaindre des petits désagréments du quotidien, de la pluie ou du soleil trop chaud, des gens, de tout et de rien.
Mais cette nuit je suis restée là, j'ai regardé ces images passer en boucle. Et j'ai pleuré, sans le vouloir mais sans pouvoir m'arrêter non plus.
Parce que pendant que je me plains, d'autres se font massacrer.
Je ne comprendrais jamais comment des hommes peuvent tirer sur leurs propres frères.
Je ne comprendrais jamais comment on peut avoir aussi peu de considération pour la vie humaine.
L'Homme dans son abjection la plus absolue.
A ce stade, ce n'est même plus de l'animalité.
Et puis dans ce bain de sang, il y a ces pilotes qui se sont posés à Malte pour ne pas obéir, pour ne pas tuer les leurs. Ces hommes, pour moi, ce sont des héros tout simplement. Comme tous ceux qui ont refusé un jour d'ouvrir le feu sur une foule désarmée.
Ca donne encore envie de croire qu'il y a quelque chose de sauvable chez l'homme.
Mais au delà de ces actes de courage, il y a tout le reste.
Et c'est ce reste justement qui me hante cette nuit. J'ai mal, j'ai du mal à me dire que des centaines de personnes se font massacrer pour simplement un peu de liberté. C'est tellement dérisoire vu d'ici et pourtant si essentiel.
J'ai du mal à me dire qu'une fois le réveil passé, le monde reprendra sa marche, comme les jours précédents, comme les jours suivants parce que la plupart n'en ont strictement rien à faire.
Il y aura quelques voix qui s'élèveront, d'autres qui relaieront et puis tout cela se perdra dans la masse d'informations. Une danse diplomatique et on passera à autre chose.
J'ai encore plus de mal quand je comprends que je ne peux strictement rien y faire.
Juste regarder ou fermer les yeux et dans tous les cas, me battre avec ma conscience.
Parce que ce qui n'auront rien fait sont aussi coupables, parce que c'est si simple de tourner la tête.
Alors cette nuit, j'ai juste pleuré devant mon écran parce que j'ai honte pour l'Humanité.
Edit: Après quelques heures de sommeil et une relecture, ce billet n'a vocation ni à moralisr, ni à culpabiliser. Il s'agit simplement d'un état d'âme nocturne
Pourtant j'étais à l'abri, moi, dans mon salon, sur mon canapé, dans ma petite vie tranquille.
Dans ma petite vie tranquille justement, où j'aime me plaindre des petits désagréments du quotidien, de la pluie ou du soleil trop chaud, des gens, de tout et de rien.
Mais cette nuit je suis restée là, j'ai regardé ces images passer en boucle. Et j'ai pleuré, sans le vouloir mais sans pouvoir m'arrêter non plus.
Parce que pendant que je me plains, d'autres se font massacrer.
Je ne comprendrais jamais comment des hommes peuvent tirer sur leurs propres frères.
Je ne comprendrais jamais comment on peut avoir aussi peu de considération pour la vie humaine.
L'Homme dans son abjection la plus absolue.
A ce stade, ce n'est même plus de l'animalité.
Et puis dans ce bain de sang, il y a ces pilotes qui se sont posés à Malte pour ne pas obéir, pour ne pas tuer les leurs. Ces hommes, pour moi, ce sont des héros tout simplement. Comme tous ceux qui ont refusé un jour d'ouvrir le feu sur une foule désarmée.
Ca donne encore envie de croire qu'il y a quelque chose de sauvable chez l'homme.
Mais au delà de ces actes de courage, il y a tout le reste.
Et c'est ce reste justement qui me hante cette nuit. J'ai mal, j'ai du mal à me dire que des centaines de personnes se font massacrer pour simplement un peu de liberté. C'est tellement dérisoire vu d'ici et pourtant si essentiel.
J'ai du mal à me dire qu'une fois le réveil passé, le monde reprendra sa marche, comme les jours précédents, comme les jours suivants parce que la plupart n'en ont strictement rien à faire.
Il y aura quelques voix qui s'élèveront, d'autres qui relaieront et puis tout cela se perdra dans la masse d'informations. Une danse diplomatique et on passera à autre chose.
J'ai encore plus de mal quand je comprends que je ne peux strictement rien y faire.
Juste regarder ou fermer les yeux et dans tous les cas, me battre avec ma conscience.
Parce que ce qui n'auront rien fait sont aussi coupables, parce que c'est si simple de tourner la tête.
Alors cette nuit, j'ai juste pleuré devant mon écran parce que j'ai honte pour l'Humanité.
Edit: Après quelques heures de sommeil et une relecture, ce billet n'a vocation ni à moralisr, ni à culpabiliser. Il s'agit simplement d'un état d'âme nocturne
samedi 19 février 2011
Reflexion du dimanche
Dans un monde parfait je serais elle
ou lui
ou elle
ou encore le chasseur tuant la mère de Bambi.
J'aimerais bien pouvoir tyranniser les gens, leur faire peur. Parce qu'être une fille gentille c'est fatiguant au quotidien.
Parce que quand j'étais petite je voulais être dictatrice de l'empire français. Mais maintenant il ne fait même plus bon être dictateur. Tout fout le camp.
Oui dans un monde parfait, je serais la sorcière du conte ou le méchant avec son armée, voire les deux à la fois
Mais nous ne sommes pas dans un monde parfait.
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